Mieux connaître les logements pour mieux agir

26. August 2026 durch
FEDAS Luxembourg asbl, Rachel Dumont

Pour répondre efficacement à la crise du logement, le Luxembourg doit non seulement construire davantage, mais aussi mieux connaître son parc immobilier. Combien de logements existent réellement ? Combien sont occupés, vacants ou sous-occupés ? Combien de personnes y vivent et combien recherchent encore un logement stable ? Ces questions sont essentielles pour adapter les politiques publiques aux besoins de la population.  

Des données encore incomplètes 

Le recensement général de la population du Grand-Duché de Luxembourg fournit des informations importantes sur les logements et les ménages. Toutefois, ces données ne permettent pas toujours de connaître précisément l’utilisation actuelle du parc immobilier.

Le Luxembourg dispose de données détaillées sur les caractéristiques du parc occupé : surface, nombre de pièces, statut d’occupation, densité par occupant ou encore le type de bâtiment. En revanche, la connaissance du parc inutilisé, des logements effectivement vacants et des parcours des personnes sans solution résidentielle reste beaucoup plus limitée.

Les données existent donc en partie, mais elles demeurent dispersées, incomplètes ou difficiles à actualiser. Sans vision d’ensemble, il est plus difficile d’identifier les logements potentiellement mobilisables et de déterminer quels types de logements font réellement défaut.

Une réalité difficile à mesurer 

En juin 2024, 238 personnes sans-abri ont été recensées à Luxembourg-Ville et à Esch-sur-Alzette.¹ Ce chiffre reste toutefois partiel, puisqu’il résulte d’un dénombrement réalisé à un moment donné et dans deux villes seulement. Il ne couvre pas l’ensemble des formes de sans-abrisme, notamment le sans-abrisme invisible : personnes hébergées temporairement chez des proches, vivant dans des squats, dans des formes d’hébergement informelles ou dans des situations de logement très instables.

La lutte contre le sans-abrisme nécessite donc un recensement national régulier, fondé sur une méthodologie comparable dans le temps et étendu à l’ensemble du territoire. Des données plus complètes sont indispensables pour adapter les capacités d’hébergement, les dispositifs d’accompagnement et les solutions de réinsertion aux besoins réels.

Le rôle du registre national 

Le projet de Registre national des bâtiments et des logements (RNBL) pourrait contribuer à combler une partie de ces lacunes. En attribuant un identifiant unique à chaque bâtiment et à chaque unité de logement, il devrait permettre de mieux relier les logements à leurs occupants et à leur affectation, d’identifier plus précisément les logements non occupés et de mieux documenter les locations de chambres. Croisé avec les données communales et d’autres sources administratives, il pourrait également améliorer la connaissance de la localisation, de la taille, de l’état et des conditions d’occupation du parc résidentiel.

Une telle infrastructure de données faciliterait l’identification des logements vacants ou sous-occupés et permettrait de mieux orienter, planifier et évaluer les politiques publiques du logement.

Des données pour répondre aux besoins 

Une politique du logement efficace ne peut reposer sur la seule production de nouveaux logements. Elle suppose également une connaissance fiable et actualisée du parc existant, de son état, de son occupation et de sa disponibilité, afin de mieux mettre en relation les ressources disponibles avec les besoins réels de la population.

Mieux compter, mieux comprendre, mieux agir : c’est à cette condition que le Luxembourg pourra adapter sa politique du logement aux besoins réels de sa population. 

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