La FEDAS Luxembourg porte la voix du terrain

AVIS Plan d’Action National pour la prévention et la lutte contre la Pauvreté (PAN Pauvreté)
27 May 2026 by
La FEDAS Luxembourg porte la voix du terrain
FEDAS Luxembourg asbl

En tant que fédération représentant plus de 200 acteurs sociaux, la FEDAS Luxembourg a organisé une matinée de réflexion réunissant des professionnels de terrain afin d’élaborer un avis collectif et constructif sur le PAN Pauvreté. À travers des groupes de travail et des échanges en plénière, les participants ont identifié les principaux défis rencontrés sur le terrain et ont formulé des recommandations concrètes visant à renforcer l’efficacité du plan

Une gouvernance à renforcer pour mieux prendre en compte les réalités vécues

Les échanges ont mis en évidence certaines limites dans la gouvernance actuelle du PAN Pauvreté. La fédération des acteurs du secteur social doute que l’approche thématique du plan reflète suffisamment l’interconnexion des situations de précarité vécues par les personnes concernées. L’implication des acteurs locaux reste également insuffisante, notamment en raison de l’absence du SYVICOL dans la gouvernance du dispositif.

Par ailleurs, les indicateurs de suivi apparaissent trop centrés sur des données quantitatives, sans mesurer suffisamment l’impact réel des actions sur les parcours de vie. La participation directe des personnes concernées demeure elle aussi limitée.

Les démarches administratives

La FEDAS Luxembourg souligne la persistance de nombreux obstacles structurels dans l’accès aux droits : stigmatisation dans certains offices sociaux, disparités entre communes, complexités administratives, délais de traitement importants ainsi que des barrières linguistiques et numériques.

Les démarches administratives restent souvent fragmentées et répétitives, tandis que le dossier social partagé soulève des questions importantes en matière de confidentialité et de respect du secret professionnel.

Familles monoparentales et bénéficiaires REVIS

La vulnérabilité des familles monoparentales et des bénéficiaires du REVIS a été particulièrement mis en lumière, ainsi que les disparités de pratiques entre offices sociaux, des délais administratifs trop longs, un manque de solutions de garde d’enfants et les conséquences importantes des suspensions du REVIS.

Le logement, un facteur essentiel

La question du logement demeure l’un des principaux facteurs de précarisation. Les acteurs de terrain constatent un manque de logements d’urgence et de transition, une augmentation des déguerpissements, ainsi que des discriminations persistantes sur le marché locatif privé.

L’absence d’un droit au logement opposable et certains critères d’accès jugés trop restrictifs compliquent encore davantage l’accès à un logement stable pour les publics vulnérables.

Des lacunes dans le système de la sécurité sociale

En matière de santé et sécurité sociale (CUSS), l’accès aux soins reste limité par des procédures administratives complexes ainsi qu’à une pénurie de professionnels dans les domaines psychiatrique et psychologique.

Certaines personnes rencontrent des obstacles spécifiques, notamment les personnes en situation de handicap, sourdes ou malentendantes, ainsi que les personnes confrontées à des troubles psychiques et à des addictions.

L’emploi et la précarité

La FEDAS Luxembourg considère également un grand nombre de défis par rapport à l’emploi favorisant la précarité :

  • un manque de places dans les maisons-relais ;
  • d’importantes disparités territoriales ;
  • une pénurie de personnel éducatif ;
  • des difficultés d’accompagnement pour les enfants à besoins spécifiques ;
  • les limites des dispositifs destinés aux jeunes en rupture scolaire.

L’insertion sur le marché du travail et formations

Les acteurs de terrain ont relevé des parcours d’insertion souvent fragmentés, un manque de coordination entre l’ADEM et l’ONIS, ainsi qu’un encadrement insuffisant dans certaines mesures d’activation comme les TUC.

L’accès à la formation reste également difficile pour les publics les plus précaires.

Enfin, l’analyse du PAN Pauvreté a montré que les actions actuelles de cohésion sociale ciblent principalement les usagers des épiceries sociales, limitant ainsi la diversité des publics touchés. Les projets socioculturels existants souffrent également d’un manque de mixité sociale.

La FEDAS Luxembourg constate que le PAN Pauvreté représente une avancée importante dans la lutte contre la précarité. Son efficacité dépendra toutefois de la qualité de sa gouvernance, de l’accès effectif aux droits et de la coordination entre les différents acteurs publics et associatifs.

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