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Logement au Luxembourg : construire oui, mais aussi mobiliser l’existant

8 October 2026 by
Plaidoyer Social FEDAS Luxembourg

À l’occasion de la Semaine Nationale du Logement (SNL), une question mérite d’être posée : le Luxembourg doit-il seulement construire davantage, ou doit-il aussi mieux connaître et utiliser les logements déjà disponibles ? 

La réponse doit être l’un et l’autre. La construction de logements abordables reste indispensable. Mais dans un contexte de forte pression, il faut également disposer de données plus précises sur le parc existant, notamment sur les logements vacants et leurs destinés.

Une offre abordable insuffisante

Le recensement décennal de la population (le dernier datant de 2021) reste la principale source permettant d’analyser en détail les logements et leurs occupants. Il montre par exemple que 54,4% des logements avaient une surface supérieure à 120m². ¹  

Mais ces données ne permettent toutefois pas de savoir en permanence combien de logements sont effectivement disponibles. Elles ne distinguent pas clairement si un logement est occupé, temporairement vacant, en rénovation, durablement inoccupé ou représente une résidence secondaire.  

En même temps la demande de logements abordables croît. Le RENLA, le registre national des logements abordables, centralise les demandes des candidats-locataires ainsi que les logements disponibles. Rien que l’écart entre un parc de 4.489 logements locatifs abordables répertoriés fin 2025 par le fonds spécial pour le logement abordable dans son rapport annuel de 2025 ² et l’existence de 12.401 dossiers de candidats-locataires enregistrés dans le RENLA au 31 août 2026 ³, montre l’ampleur des besoins. 

Le logement pèse sur les budgets

La pression se fait également sentir dans les dépenses quotidiennes. Selon l’Observatoire de l’habitat, les locataires du marché privé consacraient en moyenne 39,3% de leur revenu disponible au loyer et aux charges en 2023, contre 31,8% en 2016. ⁴  

Pour les ménages aux revenus les plus faibles, le taux d’effort dépasse même 55%. Il atteint 50% pour les familles monoparentales et 43% pour les adultes seuls. ⁴  

Lorsque le logement absorbe une telle part du revenu, les ménages disposent de moins de moyens pour l’alimentation, l’énergie, la mobilité, la santé ou les dépenses liées aux enfants. Le coût du logement devient alors un amplificateur important de la précarité.  

Construire reste nécessaire

Le Luxembourg doit continuer à construire. La population est passée de 643.941 habitants en fin 2021 à environ 691.000 fin 2025. Cette croissance entraîne nécessairement de nouveaux besoins en logements. ¹  

Les grands projets peuvent contribuer à y répondre. Le futur quartier Metzeschmelz, entre Esch-sur-Alzette et Schifflange, prévoit environ 4.360 logements, dont 30% de logements abordables. ⁵  

Mais la construction demande du temps. Elle ne peut donc pas répondre immédiatement aux difficultés des ménages qui cherchent aujourd’hui un logement accessible. 

Mieux connaître pour mieux agir

Il est donc nécessaire de mieux pouvoir analyser les logements qui ne sont pas affectés. Les raisons peuvent être très différentes : travaux importants, succession, difficultés juridiques ou administratives, problèmes financiers ou choix économiques. 

Ces situations ne peuvent pas être traitées de la même manière. Un logement inhabitable ne peut pas être remis rapidement sur le marché. En revanche, un logement durablement vacant, pour d’autres raisons, pourrait, sous certaines conditions, contribuer à l’offre disponible.  

Le STATEC souligne que le recensement constitue actuellement la seule source permettant d’étudier en détail les caractéristiques des logements et de leurs occupants. Le développement de registres et de données administratives plus complets permettrait donc de mieux suivre l’occupation, l’état et la disponibilité du parc résidentiel. ¹  

Cette connaissance est d’autant plus importante qu’en 2025, 18,2% de la population résidente était exposée au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, soit près d’une personne sur cinq. ⁶

Une réponse à deux niveaux

Il y a un fort besoin de nouveaux logements abordables au Luxembourg. Mais il faut aussi être capable d’identifier les logements qui pourraient être remis sur le marché. 

Construire davantage et mobiliser l’existant ne sont pas deux politiques opposées. Elles sont complémentaires : la première répond à la croissance des besoins, la seconde peut apporter des réponses plus rapides et plus ciblées. 

Le logement n’est pas seulement une question de mètres carrés. Un logement stable, salubre et financièrement accessible permet de vivre dignement, de sauvegarder sa santé, de travailler, d’élever ses enfants et de participer pleinement à la société. C’est pourquoi une politique du logement réellement sociale doit agir à la fois sur la construction et sur l’utilisation du parc existant.  

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