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Décrochage scolaire : la coordination ne doit pas reposer uniquement sur les parents

28 October 2026 by
Plaidoyer Social FEDAS Luxembourg

Répondre aux appels de l’école, organiser les rendez-vous, contacter différents services ayant chacun leurs missions et leurs domaines de compétences, transmettre les informations : lorsqu’un jeune rencontre des difficultés scolaires, ses parents peuvent se retrouver à assurer le lien entre plusieurs interlocuteurs. Leur implication est essentielle. Mais participer à l’accompagnement de leur enfant ne devrait pas signifier devoir en organiser seuls toutes les étapes pour lui assurer un soutien adapté.  

Au Luxembourg, les travaux du Service de médiation scolaire soulignent précisément ce besoin : mieux communiquer avec les familles, mais aussi mieux coordonner les professionnels qui accompagnent un même élève.¹

Être disponible ne signifie pas être toujours mobilisable

Un rendez-vous en journée, une demande urgente ou plusieurs démarches successives peuvent être difficiles à concilier avec une activité professionnelle et les autres responsabilités familiales. Le fait de ne pas être toujours disponible ne signifie pas pour autant un manque d’intérêt pour la scolarité de son enfant.  

Dans les actes du séminaire Communication école-famille et collaboration interdisciplinaire, publiés en juillet 2025, Débora Poncelet, chercheuse à l’Université du Luxembourg, identifie les contraintes de disponibilité des parents, les différences linguistiques et culturelles ainsi que le manque de ressources parmi les obstacles à la collaboration. L’enjeu est donc d’adapter les échanges aux réalités des familles, plutôt que de supposer que toutes disposent des mêmes possibilités de participation.¹

L’implication parentale compte, mais ne remplace pas un accompagnement organisé

La collaboration avec les familles doit tenir compte de leurs contraintes de disponibilité, de leurs ressources et des différences linguistiques et culturelles, comme le souligne Débora Poncelet.¹ La méta-analyse de Marlow et Rehman (2021) souligne également l’importance des relations familiales, en associant le soutien et l’implication parentale à une moindre fréquence de l’absentéisme et du décrochage.² L’enjeu est donc de faciliter cette implication, sans faire reposer sur les parents la coordination des services.

Il faut ainsi distinguer deux responsabilités : accompagner son enfant et assurer la coordination entre les interventions professionnelles. Cette coordination est nécessaire tout au long de l'accompagnement, y compris lors du passage d'une école ou d'une institution à une autre.  Les parents apportent une connaissance précieuse du jeune. Les professionnels apportent leurs compétences pédagogiques, psychosociales ou spécialisées. Le partenariat repose sur cette complémentarité.¹

Un besoin de coordination identifié au Luxembourg

Lors du séminaire organisé le 3 décembre 2024 par le Service de médiation scolaire et la Conférence nationale des élèves du Luxembourg, les échanges participatifs entre parents, élèves, chercheurs et professionnels ont fait ressortir, au-delà des besoins de coordination et d’information, l’importance d’une personne de référence clairement identifiée, capable de faire le lien entre les intervenants et d’assurer la continuité de l’accompagnement.¹

Partager les responsabilités pour préserver la continuité

Prévenir le décrochage suppose un accompagnement cohérent : un interlocuteur de référence, des rôles clairs, des démarches compréhensibles et des échanges respectueux de la confidentialité. Le jeune et ses parents doivent être associés aux décisions, sans porter seuls la coordination du suivi.

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